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Les ethnies de la Cross River vivent dans une région traversée par le fleuve Cross, à cheval entre le sud-est du Nigéria et l’ouest du Cameroun. Située à la rencontre de plusieurs grands ensembles culturels, notamment la Bénoué, les Ibo et les Grassfields, cette région se distingue par une tradition artistique particulièrement originale.
L’une de ses techniques les plus remarquables consiste à recouvrir une structure en bois de peau animale, généralement de l’antilope. Ce procédé est notamment utilisé pour réaliser des heaumes, des masques-heaumes et surtout des cimiers, dont de nombreux exemplaires sont aujourd’hui conservés dans des collections publiques et privées à travers le monde.
Ces œuvres recouvertes de peau ont longtemps suscité l’intérêt des spécialistes et des collectionneurs. Leur particularité a cependant contribué à éclipser d’autres formes de création artistique de la région, notamment la sculpture sur bois.
L’attribution des œuvres aux différentes communautés de la Cross River demeure complexe. Les œuvres recouvertes de peau sont généralement associées aux Ejagham ou Ekoï, parfois aux Widekum, tandis que certains éléments de tambours sont attribués aux Mbembe et que les cimiers et masques en bois sont souvent associés aux Boki.
Les recherches consacrées aux arts de la Cross River révèlent toutefois de nombreuses incertitudes concernant les appellations ethniques, les origines géographiques et les styles artistiques. Le manque de localisations précises des œuvres rend leur classification particulièrement difficile.
Malgré ces difficultés, les arts de la Cross River constituent un patrimoine exceptionnel. Par la diversité de ses techniques, de ses formes et de ses traditions, cette région apparaît comme une véritable charnière culturelle et artistique entre l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.
